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Tuesday, 5 November 2019

L’incantation




« I’m not here for your entertainment
You don’t really want to mess with me tonight
Just stop and take a second
I was fine before you walked into my life
Cause you know it’s over
Before it began
Keep your drink just give me the money
It’s just you and your hand tonight… »
Pink – « U + Ur hand »

« Je ne suis pas là pour te divertir
C’est vraiment pas le moment de me chercher ce soir
Arrête-toi juste un instant
J’allais très bien avant que tu n’apparaisses dans ma vie
Car tu sais, c’était fini avant que ça commence
Garde ton verre et donne-moi ton fric
C’est juste ta main et toi ce soir… »

— Alan ?
— Mmmm…
— Tu es chez toi ?
— Mmmm…
— Tu as des clopes ?
— Heu oui…
— Je peux venir ?
— Heu oui.

Je raccroche devant ma voiture, mon coup de fil n’était qu’un moyen de m’assurer qu’il était là, j’étais déjà en route. Je suis furieuse, j’ai les mains qui tremblent et j’ai envie de fumer dix clopes d’un coup. J’ai rencontré le Bouffon il y a quinze jours dans un cours du soir tellement soporifique que ça en est absurde. Je me suis retournée pour demander quel exercice on devait faire et deux grands yeux verts m’ont souri. La semaine suivante, je suis arrivée en retard et je suis allée m’asseoir à l’opposé de lui, me sentant trop gênée pour lui lancer un regard. Il est venu me voir à la pause et m’a rejointe sur le banc où nous avons passé le reste du cours à discuter. Il m’a raccompagnée à ma voiture et au moment de partir m’a demandé mon numéro de téléphone pour aller boire un verre. Il m’a appelée, nous nous sommes donné rendez-vous et ont suivi l’ivresse, la nuit blanche et les premières caresses de deux corps qui se découvrent, des odeurs de peau, les étreintes de deux inconnus qui semblent toujours s’être connus et se redécouvrent à chaque instant.

La facilité avec laquelle on peut devenir intime avec quelqu’un en l’espace de quelques secondes m’étonnera toujours. Les gestes oubliés reviennent naturellement comme si quelques secondes nous séparaient de la personne que l’on a aimée avant. Malheureusement, cette complicité sait disparaître aussi vite qu’elle s’est nouée. Il me plaisait et je dois avouer que ses taches de rousseur m‘ont fait plonger, je n’ai pas pu résister. Il avait sept ans de moins que moi, je savais que l’histoire ne durerait pas, mais c’était plus fort que moi. J’ai été piégée par les petites attentions que j’ai prises pour des marques d’affection ou d’intérêt : un bouquet de gerbera rose et rouge, un soir qu’il a débarqué chez moi, car il avait perdu ses clés, quelques réflexions qui me laissaient penser qu’il était bien avec moi. 

J’ai une envie furieuse de donner un coup de pied dans la tôle, comment ai-je pu être assez stupide pour croire que ces marques de tendresse n’étaient autres que les signes d’une personne dont les hormones se sont emparées ? Une fois l’étreinte consommée, il s’est endormi et j’ai commencé à comprendre, largement sur ma faim du plaisir que je n’avais pas partagé avec lui, que je m’étais fait avoir. J’ai envie de m’expatrier dans un ashram en Inde pour m’éviter de retourner dans le monde de la séduction, je suis nulle à ce jeu, je n’y comprends rien, le poker, ce n’est pas pour moi. Le SMS le lendemain me disait « Peut-on se voir pour discuter ? ». Ce « discuter » a crissé dans mon esprit et m’a donné une vision assez exacte de la scène plutôt brève que j’allais vivre avec lui le soir même. Le baiser sur le front, le regard gêné, les mains qui se tortillent, l’assise en biais sur le canapé, les yeux de hamster affolé, les genoux rentrés.

— Tu es une fille super… mais… Je ne sais pas comment l’expliquer.
— Ben tu n’es pas amoureux, c’est tout.
— …

Ce silence m’a fait l’effet d’une lame froide dans le bras. Le cœur, non, vraiment pas. J’étais à des lieues d’avoir laissé mon cœur s’ouvrir à lui, mais qui aime s’entendre dire qu’on ne l’aime pas, même si on n’aime pas en retour ? J’avais envie de dire « Non, moi en premier, c’est moi qui te quitte, j’y ai pensé avant, je suis la première, tu es nul et en plus tu es un bulot au lit ! ». Comme les enfants, toujours une fois de plus que toi ! Mais le visage s’effondre, comme cimenté, la fierté que l’on essaie d’avaler se transforme en brique, les mots ne sortent pas.

Je suis en train de rêver, c’est juste un mauvais rêve, je vais me réveiller et ça va aller.
— Attends, là tu vas m’expliquer pourquoi tu m’as couru après si c’était uniquement pour me sauter (j’ai envie d’ajouter « et très mal en plus ») ? Pour faire ça tu pouvais très bien jeter ton dévolu sur n’importe quelle autre greluche en boîte, mais là on va se croiser en cours tous les lundis pendant deux mois, je ne peux pas croire que tu aies fait un truc pareil.
— Je ne suis pas un salaud, je te jure, je ne pensais pas… Je croyais que ça viendrait avec le temps…
— Oui, et moi je suis les Beatles. Casse-toi.

Il me regarde d’un air effaré, je dois avoir l’air d’une furie. Il enfile son manteau, gêné, et s’arrête penaud devant la porte que je lui ferme instantanément au nez, j’ai envie de lui arracher la tête. J’aurais dû lui dire qu’il était le pire coup de ma vie, mais je ne suis pas comme ça. L’ironie du sort veut pourtant que j’aie joué son rôle à lui à deux reprises au cours des derniers mois, à quoi m’attendais-je ? Une couronne de lauriers, l'ordre du mérite ? Bien sûr que le boomerang allait me revenir en pleine gueule un jour ! C’est le mauvais karma du dating, et c’est bien fait pour moi. Je le répète, je ne suis pas faite pour ce jeu-là, je déteste perdre, et je déteste gagner aussi, parce qu’au bout du compte, je finis toujours seule.

— C’est Clem, tu m’ouvres ?
En montant les escaliers, je me demande ce que je vais dire à Alan tellement je me sens piteuse. Je suis comme un chat qui a passé la nuit dehors et rentre griffé, courbatu, éreinté. Pomponette, voilà c’est moi. Il m’accueille en silence et je jette mon manteau sur le pouf en osier à l’entrée, comme à mon habitude. Je m’assois sur le canapé et commence à bouger nerveusement, me tortiller, quitter mon pull, le remettre, je me passe la main dans les cheveux, il me regarde en soupirant, je ne suis pas sûre de vouloir lui raconter ce qui m’a mise dans cet état. Il me sert un verre de jus de framboise et je lui raconte mon histoire en fumant, pendant que je le regarde s’enfoncer dans son fauteuil, silencieux. Je fais de grands gestes, je tourne sur moi-même, échevelée, je pleure quelques larmes, je suffoque un peu aussi. Une vraie tragédie, il ne me manque plus que la toge et je suis bonne pour jouer Antigone.

— Tu viens, on va manger chez moi ? Lui dis-je sans lui laisser le temps de répondre.
J’enfile ma veste et il me suit, fidèle, toujours là, un phare dans mon univers un peu embrumé.
Lorsque j’ouvre la porte de chez moi, il me demande si je veux que nous procédions à un nettoyage des traces du crime. L’image de la forme d’un corps peint en blanc comme dans les séries policières me vient à l’esprit, mais cette forme-là est dans mon lit. Le corps, lui, a bel et bien disparu, il n’en reste même plus l’odeur que je reniflais encore ce matin sur mon oreiller. Nous allons pouvoir sortir les cotons-tiges et procéder aux tests ADN.

— Tu penses bien que j’ai déjà mis les draps à la machine, avec la serviette. J’ai mis les fleurs à la poubelle et je l’ai descendue sur-le-champ. Par contre il reste un élément dont je ne me suis pas débarrassée : une brosse à dents que je lui ai prêtée. Elle est contaminée, il va falloir qu’elle parte aussi.
— On va procéder à une séance de purification des lieux, puis de la brosse à dents, tu sais un peu comme dans les églises avec les boules d’encens qu’on balance de gauche à droite.
— Ah oui, c’est une très bonne idée ça ! Pour la brosse à dents, je pense que le mieux serait de la désinfecter des germes du Bouffon. Bah, non de toute façon elle est stigmatisée. Attends j’ai une meilleure idée. 

Je me précipite sur mon placard de produits d’entretien et en sors toutes les bouteilles, flacons et sprays que j’y trouve. L’idée m’est soudain revenue d’une amie qui organisait avec son cousin, lorsqu’elle était enfant, des sessions pendant lesquelles ils vidaient tous les produits d’entretien dans le lavabo et mélangeaient le tout avec une brosse à dents.
— Si on mélange tous les produits, on crée un liquide marabouté qui va permettre de débouffoniser cet objet, que je serai malheureusement ensuite contrainte de jeter dans le Lez. Ainsi purifié, il retournera directement dans l’Oubli. 
Je sors une bassine en plastique vert du placard et nous nous mettons à observer les différents produits.

— Alan, à ton avis, on commence par ordre alphabétique ?
— Ah non malheureuse, par couleur !
— Bon, je commence avec chaque produit et tu fais la même chose ensuite, d’accord ?
Me voilà en train d’asperger l’objet maudit de poudre à récurer, engrais, cire, détergent, vinaigre, adoucissant, alors qu’Alan répète mes gestes avec une exactitude et un sérieux dignes d’un aide-magicien. Je me lève en trombe et allume un bâtonnet d’encens que je brandis dans les airs d’un air vindicatif, en faisant de grands moulinets avec mes bras.
— Maintenant nous allons procéder à l’incantation magique pour terminer le travail, file-moi un crayon et du papier. Incantation de purification contre les bouffons :

Abracadabri, abracadabra,
Hocus pocus, caramba,
Par la barbe de Kruskal,
Et le nez de Ford Bellman,
Poudre de Viakal,
Et graphes en banane,
Abracadabra, abracadabri,
Ô druides coupeurs de gui,
Que la brosse maléfique,
Se dissolve en vapeur,
Pour un bouffon pathétique,
Jamais tu n’auras de pleurs.

Si je file ça au prof de Recherche opérationnelle, il va adorer ! lui dis-je rayonnante.
Une fois les derniers mots écrits, nous nous mettons à réciter l’incantation de nos deux voix, lentement, comme pour une messe… J’enveloppe la brosse à dents de papier aluminium et fais la grimace quand l’odeur de vinaigre blanc me monte aux narines.
— Allez, dépêche-toi, il faut vite aller la jeter dans le cours d’eau le plus proche.
Alan m’emmène dans sa Fiesta verte aussi vite qu’il peut.
Quant à moi, je tiens du bout des doigts la brosse en regardant dans le vide. Combien de connards va-t-il encore falloir croiser avant que…
— Là, c’est bon, arrête-toi là ! Stoooooop !
Je me précipite hors de la voiture et cours sur le pont qui surplombe le Lez à Port Marianne.
— Il faut que tu la tiennes aussi avant de la lancer.
Alan attrape la brosse avec moi, je ferme les yeux, quand soudain il se met à rire.
— Quoi ? Non, mais tu te fous de moi ou quoi ? Qu’est-ce qui te fait rire ? Ça n’a rien de drôle, c’est même plutôt solennel, j’aimerais bien que tu restes sérieux, merde. Il s’agit de ma vie privée là, bon sang ! J’en ai assez de rencontrer des crétins !
— Non c’est juste que ton nez, il était pincé, tu tirais une de ces têtes. Et puis je ne suis pas un crétin moi.
— Ah bravo, vraiment, je vois que je peux avoir ton soutien même dans les situations les plus graves. On est vraiment seuls dans cette putain de vie. Il ne s’agit pas de toi là !
— Clem s’il te plaît, arrête un peu ton cinéma, on n’est pas dans Phèdre, on est sur le point de jeter une brosse à dents dans le Lez… Une brosse à dents utilisée une fois par un abruti qui n’a pas voulu de toi alors que j’en connais au moins dix qui tueraient pour avoir une place dans ta vie. Alors, arrête de me parler sur ce ton parce que là, vraiment…
— Ouais bon, c’est vrai, mais il m’a fait mal ce con.
— Et une autre chose, tu peux me dire pourquoi tes problèmes sont plus importants que ceux des autres ?
Je le regarde médusée.
— Parce que ce sont les miens.

Je lâche la main d’Alan et je regarde la brosse à dents tomber dans les tourbillons d’eau blancs. Elle disparaît dans le courant.
— Bon allez, on rentre. C’est fini.
Alan me dépose en bas de chez moi. Je l’embrasse sur la joue, il pique, il ne s’est pas rasé depuis au moins une semaine. Depuis qu’il a su pour le Bouffon. Je le regarde s’éloigner et mon regard se lève sur le bâtiment opposé au mien. Je me demande si Matt est chez lui. Je ne sais pas derrière laquelle de ces fenêtres il vit. Il m’a vue sortir de chez moi avec le Bouffon lundi matin, il n’a rien dit, mais j’ai compris que j’avais dû descendre d’au moins dix pieds dans son estime, mais il a fait comme si de rien n’était. J’ai encore fait le mauvais choix, c’est toujours la même histoire avec moi.

Tuesday, 8 October 2019

Indian Summer/Getting ready for a casual mid-season look

We enjoyed a very sunny weekend in the South of France so I decided to rock my latest finds (it's always cheaper to buy stuff at the end of the summer in order to have new items for next year so I had a blast at Intersport).

Nous avons profité d'un week-end très ensoleillé dans le sud de la France, alors j'ai décidé de tester mes derniers achats (il est toujours moins cher d'acheter des articles à la fin de l'été afin de les avoir pour l'année suivante, je me suis donc lâchée chez Intersport).

McKinley sandals  17.50€ at 50% (they're so comfy I feel like a cat when I wear them  Elles sont tellement confortables que je me sens comme un chat doté de coussinets lorsque je les porte)

Perfect for an Indian summer look:

Parfait pour un petit look d'été indien:



Panama Hat (GIFI  4€)  Tank Top (Zara  4€) – Shorts (Oxbow  60€) - Cross body Leather Bag (Monoprix  50€) – Sunnies (Ray-Ban Wayfarers  69€ on eBay)

I was lucky enough to find this gorgeous tee at Zara in the summer during the sale, it's in cotton and Lycra, I bought two of them!

J'ai eu la chance de trouver ce magnifique T-shirt chez Zara en solde cet été. Il est en coton et lycra, j'en ai acheté deux!

Zara Tee (5€)

I also fell in love with a mustard jumper from the Intersport ready-to-wear label: ONLY. One of my twin daughters wants the same and I had it put aside for me (well, for her really, I'm not really going to shrink)! It's also available in black, so I bought it in a more classic version as well, it's a must-have and it goes pretty much with anything, whether you want to dress chic or casual.

J'ai également flashé sur un pull moutarde de leur marque de prêt-à-porter. ONLY. L'une de mes filles de 10 ans veut le même en XS et je l'ai fait mettre de côté (pour elle, bien sûr, je ne suis pas près de rétrécir)! Il est également disponible en noir, alors je l'ai adopté, c'est un classique qui s'accorde quasiment avec tout, que l'on veuille être chic ou décontractée.

Jumper (ONLY  29.99€)  LTB Skinny Molly Jean (79€ on Zalando Adidas Sneakers (GEMO  69.99€)

I also found this casual sweater by Teddy Smith (50% discount!). I'm gonna pretend I'm very sporty...

J'ai également trouvé ce sweat casual de Teddy Smith (50% de réduction!). Je vais pouvoir faire croire que je suis très sportive...

Teddy Smith Sweater for women (25€)

A beautiful and comfy grey and pink cardigan by Roxy (20€ voucher, thank you Intersport!)

Un superbe gilet Roxy gris bordé de rose (20€ de réduction grâce à un coupon, merci Intersport!)

Cardigan (Roxy  60€)  V-Neck Tee (Zara  4,99€)  LTB Skinny Molly Jean (79€ on Zalando Adidas Sneakers (GEMO – 69.99€)

Perfect items for the weekend or to take it easy at home, which I can also decline in different combos, I'm a happy girl! Top quality at a bargain price, what else?

Des articles parfaits pour le week-end ou pour traîner à la maison que je peux également décliner en différentes combos, je nage dans le bonheur ! Un bon rapport qualité-prix, what else?

Frontignan Plage

Frontignan Plage

Happy Kids

Friday, 27 September 2019

Drame capillaire ou comment une coiffeuse m'a de nouveau fait rater ma vie

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Vous m'aviez dit que j'allais avoir un superbe blond !!!

Que la femme qui n'est jamais sortie de chez le coiffeur avec une coupe/couleur ratée sans oser le dire à la personne qui avait massacré sa chevelure se lève maintenant ou se taise à jamais !
Et que les hommes qui pensent que nous nous réveillons le matin superbement maquillées, une coupe parfaite (lisse ou wavy en fonction de la mode ou l'humeur) comme dans les séries américaines, belles, fraîches et merveilleuses lisent bien cet article.

Il faut souffrir pour être belle (ou du moins essayer) et surtout être en bons termes avec son banquier...
Ne parlons pas de l'épilation, des ragnagnas/semaine Ketchup/Ketchupies (les tampons, c'est cher !), les rasoirs à 16 € parce qu'ils sont roses ou mauves, du maquillage, des fringues, bref, la liste est longue.

Le coiffeur coûte 16 € pour une coupe homme. Pour une femme : de 26 € à 150 € si on fait un balayage, voire plus... J'aime bien le « On vous fait un petit soin » qui est en fait du démêlant que l'on vous fait payer 6 € (le prix de la bouteille) depuis le début des années 2 000 histoire de faire monter l'addition, l'arrachage de tête avec la brosse, l'eau froide l'hiver et bouillante l'été, la coupe asymétrique... J'ai eu droit à tout dans ma vie, et je dois dire que les coiffeurs abusent GRAVE et n'en font visiblement qu'à leur tête et font rarement ce qu'on leur demande et préfèrent vous coiffer comme EUX le préfèrent :
  • « On change de style, on vous fait une brosse blond platine ? » (« Heu... Non. Je vous ai montré une photo de ce que je voulais et j'aimerais sortir avec cette coupe. Vous êtes sûr que vous êtes visagiste ? »)
  • « Le rouge vous irait bien. » (« Bien sûr, j'ai pas envie de ressembler à la chanteuse de Niagara dans les années 90 qui chantait “J'ai vu”, j'ai plus de 40 ans, merci »).
  • « Oh la la, ils sont vraiment secs vos cheveux, c'est HORRIBLE !!! » (parce que je ne voulais pas payer pour ledit soin — je fais des masques à la maison, merci et ils me coûtent 5 € le litre — huile de coco bio) *
  • « Ah bon, vous avez coupé 10 cm il y a un mois ? Ça ne se voit pas du tout, ils sont vraiment abîmés » (parce que je ne voulais pas les couper et ça aurait fait 26 € de plus). Moi dans ma tête : « T'as vu ta tête de porte de prison et tes tatouages partout sur les bras alors que t'as des mômes de 3 et 5 ans ans qui doivent avoir honte de toi quand tu les amènes à l'école ? Alors regarde plutôt la poutre que tu as dans l'œil plutôt que la paille que j'ai dans la mienne ». Et puis elle insiste la mo-biiiiiip : « Mais laissez-moi vous faire un brushing, ça vous va mieux !!! ». Moi : « Non merci, mes cheveux sont naturellement bouclés (contrairement à elle qui a de tristes baguettes), et c'est très bien comme ça ».*
  • « On a un nouveau produit pour les balayages, mais il est plus cher, je vous fais un devis ? » (Moi dans ma tête : « WTF ? Je vais devoir prendre un crédit à la consommation ? ») *
  • « La patine a augmenté, elle fait 16 € maintenant et plus 12 € » (Moi dans ma tête : « WHAAAT ? ») *
  • Le carré qui fait 2 cm de plus d'un côté et que tu dois reprendre toi-même en rageant.
  • Les mèches sur cheveux mi-longs plutôt courts à 150 € où j'ai carrément pleuré il y a 10 ans, car j'étais enceinte et le coiffeur a réussi à tirer tellement fort que j'ai craqué, mais RAP.
  • Le tye & die (ombré) raté à l'époque où personne ne connaissait vraiment à 120 € qui ne se voyait pas (3 h heures passées au salon pour finir avec la même couleur que ma couleur naturelle, cherchez l'erreur) et que j'ai réussi moi-même en passant chercher du décolorant dans un magasin pour coiffeur en 1/2h (3 €)
Bon on arrête là ? J'ai heureusement connu de très bons coiffeurs, mais j'ai dû déménager, l'autre est décédé et le salon où j'allais a décidé de jouer au tiroir-caisse et de vous coiffer comme bon lui semble alors que le client est roi et c'est lui qui décide de la tête qu'il va avoir tous les jours (dans la mesure du possible).
Ne pouvant pas me rendre chez ma coiffeuse préférée de Frontignan (L'Hair du temps), j'ai été contrainte de me rendre chez un coiffeur de la banlieue de Montpellier et bonjour la cata... Les remarques que j'ai reçues sont notées avec une étoile ci-dessus et je les trouve personnellement scandaleuses.

Bilan : 93 € foutus à la poubelle et 3 heures perdues dans le salon (alors que je travaille et que j'ai deux enfants de 10 ans) pour rien et rattrapage 10 jours après pour 60 €... Et la même chose demandée et j'ai obtenu CE QUE JE VOULAIS et non des remarques déplacées citées ci-dessus avec une étoile. Et surtout, faire 2 balayages en 10 jours alors que j'essaie d'en faire un tous les 6 mois (deux mois pour les racines du haut pour 48 € au lieu de 69 € à l'autre salon, qui est loin d'être le plus cher de Montpellier).
Quand ma coiffeuse a vu le désastre, elle a halluciné et m'a dit que c'était vraiment du travail bâclé et du vol. Sa collègue et elle étaient vraiment perplexes...
En plus le salon est nickel (belle décoration et propre), on vous prend à l'heure, les coiffeuses sont très sympas, et on vous sert même un café ou deux quand c'est trop long.

On est passés de ça :

Aucun travail fait sous la chevelure, comme demandé (balayage de toute la tête que j'ai néanmoins payé une blinde)

Des mèches orange alors que je lui ai dit de faire la même couleur sur la longueur : elle n'a pas laissé poser le produit assez longtemps et n'a pas utilisé la bonne patine

Inutile de commenter ce qu'elle a fait à l'arrière, elle a dû se dire que ne me voyant que de face, je ne vérifierais pas son travail bâclé

Aucun travail sur les racines de côté et là, ça se voit juste en tournant la tête

Pendant : Jennifer Anniston et toutes les femmes qui font des balayages californiens ressemblent à ça chez le coiffeur, il ne sort pas sa baguette magique et pfiou, c'est fait. Cela ne fait pas rêver, c'est pénible et c'est loooooooooooong. Parfois c'est de l'aluminium, parfois du cellophane (sympa, car ça rappelle la période Homogenic de Björk, mais pas terrible pour l'environnement)

#Humiliation

Après :
Les racines sont faites comme il se doit et ne sont plus orange

Le balayage est uniforme

L'arrière est travaillé et plus homogène (bon j'ai les cheveux en bataille et mouillés, mais je les laisse sécher naturellement et je mets un peu de sérum marocain à l'huile d'argan)

Résultat :

Je vais visiblement mieux et j'arrive à me regarder dans le miroir sans vouloir m'arracher les cheveux et maudire cette satanée coiffeuse jusqu'à la 7e génération


Conclusion :

Oh tu as regardé un tuto de coloration sur YouTube. Tu dois être une pro maintenant.

Bref, passer 6 heures chez le coiffeur, bousiller mes cheveux au passage et payer au final 153 €, je suis très mécontente et mon ancienne coiffeuse a perdu une cliente.
Comme on le dit : on n'attire pas les mouches avec du vinaigre. La prochaine fois, je ferai 40 minutes de route pour aller me faire coiffer plutôt que de perdre du temps et de l'argent avec des personnes qui se disent coiffeuses et on fait 2 ans d'études pour ruiner votre chevelure.

Je vous conseille vraiment l'Hair du temps si vous passez dans la région, je ne peux plus me passer de leurs services et mon compagnon et mes filles non plus !

Thursday, 26 September 2019

Stéphan Eicher: Homeless Songs


Lorsque j'ai l'article ci-dessous matin, j'étais vraiment très triste, alors que j'ai entendu Stephan Eicher plaisanter à la radio hier en fin d'après-midi lorsqu'il parlait de son dernier album et de la manière dont il avait rendu fou sa maison de disque qui voulait lui imposer de ne pas jouer avec ses musiciens et uniquement utiliser du matériel électronique (qu'il a pris le plus cher possible pour les faire ch*er).
Il s'est dit heureux de son sort et de la vie qu'il a vécue, de tout ce qu'il a accompli, malgré toutes les difficultés qu'il a rencontrées. Alors moi je dis chapeau bas, car lorsque je lis ce que les maisons de disque sont capables de faire à des artistes comme Bashung ou lui, cela me fait froid dans le dos.

Jamais je n'oublierai "Tu ne me dois rien" ou "Déjeuner en paix" et tellement d'autres albums magnifiques qui ont marqué à jamais notre patrimoine culturel, bien qu'il ne soit pas originaire de France, mais qu'il y vive.

Ses chansons sont sans abri, sans domicile fixe, parce qu'aucune maison de disque n'en a voulu, et ce n'est peut-être pas plus mal ainsi...

Lisez cet article, c'est vraiment émouvant et touchant de sincérité et je n'arrive pas à croire que l'on puisse traiter des artistes ainsi. Les maisons de disques ne sont que des tiroirs-caisse et des rouleaux compresseurs qui ne laissent pas les artistes s'exprimer comme ils le souhaitent et je trouve cela honteux... Qu'ils ne viennent pas s'étonner si ensuite on télécharge illégalement leurs morceaux, vu le prix auquel ils les vendent. Allons plutôt à des concerts, puisque c'est grâce à eux que les artistes gagnent vraiment leur vie.

Bien dommage qu'il ne passe pas près de Montpellier alors qu'il habite à Lunel...


Il a dit dans le Parisien:
 « Il y a un mot en allemand pour qualifier mon état d'esprit aujourd'hui : zwingend. Ça veut dire qu'il n'y a pas de plan B. C'est ce chemin-là ou rien. »
Chapeau bas.


Wednesday, 25 September 2019

Shoeaholic Anonymous: relapse #295,471

Acheteurs compulsifs de chaussures: rechute no 295 471

Addict un jour, addict toujours. J'ai rechuté, mais c'est à l'insu de mon plein gré, et mon mentor n'était pas disponible ce jour-là pour me soutenir psychologiquement: il avait un sanglier sur le feu/piscine et n'a pas répondu à mon appel d'urgence.
C'est un soir de septembre banal, à la sortie de l'école, que j'ai décidé d'amener mes filles chez Gémo (où je les habille/chausse vraiment très bien à petit prix et me trouve même des vêtements/chaussures taille ado très sympa) pour leur acheter des baskets, que j'ai fait une grave rechute.
Alors un conseil: lorsque vous achetez des chaussures à vos enfants, portez des œillères lorsque vous passez devant le rayon adulte, et si vos enfants sont des adolescents, faites-vous confisquer votre carte bleue... Sinon vous finirez avec ça:

When you're an addict, you have to stay away from the object of your obsession but I was recently caught in a trap, and unfortunately my mentor was unavailable to support me emotionally: he was cooking an Irish stew/had his weekly session at the swimming pool and didn't answer my emergency call.
It was an ordinary September day after picking my daughters from school that I decided to go shoe shopping for them at Gémo (where I find really cool clothes/shoes at a very low price – I even find myself stuff in the teenage department under €10) that I had a bad relapse.
So my advice is: when you take your kids shoe shopping, stay away from the adult department, and if your kids are teenagers, have your credit card taken away from you, otherwise you'll end up with these:


Trouver ma taille a été la croix et la bannière, car figurez-vous qu'ils ne mettent que le pied droit des baskets de marque... Les gens en volent une dans un magasin et repèrent l'autre dans un autre magasin. On parle également de chaussures pour enfants, j'ai totalement halluciné – il paraît qu'il y en a même qui partent en courant avec les antivols et les portent avec (soupir).

Toutes les personnes qui me connaissent savent que j'ai une grave et rare maladie incurable qui s'appelle la Compensette et qui se porte tout particulièrement sur les chaussures (confortables). Toutefois, je pratique l'esprit Feng Shui. C'est-à-dire que lorsque j'achète un vêtement ou des chaussures, je donne à un proche l'équivalent que je ne porte plus (souvent en bon état) histoire de ne pas jeter des articles de mode et de faire un heureux puisqu'ils ont été pré aimés, ou je les vends sur eBay.

Mes Précieuses ont rencontré mes pieds aujourd'hui ainsi que leur nouvelle famille, mais deux paires manquaient à l'appel: des Bensimon Corail (en soldes) et ma paire de Nike Runner (achetées en seconde main quasi neuves sur eBay pour 15€, un coup à la machine et c'est bon!), car elles sont restés en vacances chez Monsieur.

Finding my size was an ordeal because they only display one shoe when it comes to brand footwear (true story) because people actually steal them and go to the other shop in order to steal the other one. We're talking here about kids shoes as well. Unbelievable. They also run away with the security tags, believe it or not (sigh).

All my friends know that I have a very rare and serious condition called Retail Therapy which is very often focused on (comfortable) shoes. However, I practice Feng Shui when it comes to clothes/shoes: when I buy something, I give something I own to a relative or a friend (they're often in very good condition) so I don't end up throwing them away and I make someone happy with a pre-loved piece of clothing/pair of shoes. Or I just sell them on eBay.

My Precious met my feet today, as well as their new family, but two members were missing. My Coral Bensimon trainers (which I bought on sale of course) and my Nike Runners (which I bought second hand on eBay in a very good condition for only €15: one wash in the washing machine and they just looked brand new!) because they're on holiday at my BF's.


Notez que tous les membres de cette famille ont été achetés d'occase ou en promotion étant donné que je n'ai pas envie de vendre un organe pour acheter des chaussures qui viennent de Chine.

Je dois désormais me rendre au groupe de paroles du vendredi soir des Acheteurs compulsifs de chaussures, mais il faut bien avouer que lorsque l'on a une tenue, il faut l'associer à des chaussures adaptées... Tant pis pour la rechute, je suis bien chaussée! Du coup, on parle chaussures pendant des heures...

Please note that all the members of this big family are second-hands or items I bought on sale because I don't want to sell an arm and a leg for shoes made in China.

I now have to go to a group therapy session every Friday where I can meet other shoe addicts, but you have to admit that when one wears an outfit, one has to find the matching shoes. Too bad for the relapse, I've got a new pair of cool trainers! And truth be told, we talk about shoes for hours on end.

Sunday, 22 September 2019

Coup de gueule du jour: foutez la paix aux animaux!

Cette photo est bien jolie - Je l'ai prise à la Serre amazonienne de Montpellier il y a 6 ans, mais ces grenouilles vivent dans terrarium minuscule: elles n'ont rien à faire là. 

J'ai toujours adoré les animaux, et lorsque j'étais enfant j'ai eu des animaux de compagnie que j'ai adorés et que j'ai vus nous quitter avec le cœur lourd. Mais dans ma famille, avoir un animal de compagnie était une chose que nous prenions tous au sérieux: nous les traitions quasiment comme des membres de la famille et n'avons jamais pris à la légère l'engagement que nous avions pris lorsque nous avons décidé de les adopter.
Aujourd'hui avait lieu le Salon du chien à Montpellier. Très alléchant me direz-vous, d'attirer des familles pour leur vendre des chiots tout mignons pour leurs enfants et qu'ils vont laisser moisir dans un appartement une fois qu'ils auront grandi, pendant qu'ils travaillent, les négliger, et dont ils ne vont pas ramasser les excréments dans la rue. Ou pire, abandonner à la SPA où j'ai fait du bénévolat pendant 3 mois et où j'ai connu l'horreur des chiens en cage qui aboyaient du matin au soir, qui étaient sous antidépresseur, dont les cages étaient remplies de MERDE que je nettoyais au jet tous les jours, et que nous essayions tant bien que mal de promener en nous disant que s'ils n'étaient pas adoptés au bout de 3 mois, ils seraient euthanasiés. Ils n'avaient envie que d'une chose: s'échapper.

J'ai même vu une femme pleurer en abandonnant un Rottweiler parce qu'il ne supportait pas de vivre en appartement... Je me suis dirigée vers elle et je lui ai dit que c'était bien beau de pleurer maintenant, mais qu'elle aurait dû réfléchir avant d'acheter un chien de cette race pour le faire vivre en ville et dépenser un fric fou pour finir par l'abandonner à la SPA.
Ne parlons pas des chiens battus ou qui portaient des cicatrices physiques ou psychologiques. J'ai été marquée à vie par cette expérience.

L'an dernier, j'ai offert des cochons d'Inde à mes filles parce que j'en ai eu un enfant et qu'il a vécu jusqu'à l'âge de 8 ans: ils avaient trois semaines et risquaient une crise cardiaque la première semaine qu'ils ont passé à la maison si on les touchait et sont morts dans l'été lors d'un petit orage, parce qu'ils ont paniqué... S'ils n'avaient pas étés arrachés à leurs parents et n'avaient pas été aussi stressés (j'étais à peine arrivée à les apprivoiser), ils ne seraient pas morts et auraient eu l'instinct de s'abriter dans leur petite cabane, car ils étaient bien dodus et avaient triplé de poids et vivaient paisiblement dans un jardin et un grand enclos. On aurait dû nous les vendre s'ils avaient été sevrés à trois mois, mais il est plus lucratif de vendre des bébés à 9 € et de vous upseller pour sortir du magasin avec des produits dont on n'a pas besoin (150 € au final dont une cage pourrie qui s'est déglinguée au bout d'un mois, une bouteille qui ne distribuait pas d'eau et que l'on m'a proposé de remplacer au magasin — 6 € la bouteille, bien sûr, j'allais faire 20 km pour me rendre à Maxi Zoo que je remercie cordialement au passage de cette vaste supercherie — et une bouteille de vitamine C absolument indispensable à 25 €, non vous ne rêvez pas, ainsi que des croquettes hors de prix, du foin, de la sciure, ah ben c'est tout !). Résultat: un cochon d'Inde mort le matin quand mes filles étaient là et l'autre que j'ai essayé de sauver de l'hypothermie pendant une heure et qui se vidait de ses excréments et qui est mort devant ma fille de 9 ans... Nous avons passé la journée à chialer et les avons enterrés avec les trois enfants sur une belle colline dans les garrigues, donnant sur le bassin de Thau et le Mont Saint Clair et les enfants leur ont tous fait des dessins et des poèmes que nous avons mis dans leur petite boîte. Elles s'appelaient Framboise et Prune et mes filles m'ont dit que c'était le plus beau cadeau de leur vie. J'ai regretté amèrement de les leur avoir offerts.
Dans leur école, des enfants continuent d'amener des bébés souris, tortues (dont la carapace est encore molle), gerbilles, hamsters que tous les enfants tripotent et même une grenouille dans un Tupperware sans trou ni eau, à qui la mère avait donné des croquettes et qui est morte le soir même, juste pour le plaisir de se faire mousser. Et le pire, c'est que les instits cautionnent ça !

Un animal n'est pas un jouet ni un bien de consommation. Depuis, je m'occupe de trois tortues avec mon compagnon, et après pour moi c'est terminé.

J'ai eu un déclic cette semaine lorsque l'une de mes filles m'a dit que son institutrice refusait de les amener au zoo de Montpellier et j'ai décidé que les zoos, c'était terminé pour moi aussi. J'ai adoré amener mes filles à la Serre amazonienne, mais la place de ces pauvres bêtes est dans leur milieu naturel, et non dans une cage.

Alors ma conclusion: si vous décidez d'adopter ou d'acheter un animal, rappelez-vous que celui-ci a besoin de soins, de temps et d'amour. J'ai assez vu de personnes se promener avec leur chien sans laisse (j'ai été mordue enfant et mes enfants ont été agressées par un chien aussi grand qu'elles quand elles avaient deux ans et quand j'ai hurlé sur les propriétaires, ils ont fait comme si l'animal ne leur appartenait pas).
PIRE: en allant pique-niquer sur la plage, des touristes dont le chien est venu nous aboyer dessus alors que nous venions pique-niquer tranquillement nous ont dit d'aller sur une autre plage si on n'était pas contents lorsque je leur ai dit que la loi exigeait qu'on les tienne en laisse à tout moment. Ils m'ont répondu que le panneau indiquait que les chiens étaient autorisés sur les plages et m'ont traitée de folle (des profs en plus, leurs enfants étaient morts de honte pour eux, c'est même leur ado qui a géré le chien, parce que ses parents s'en foutaient). Ils sont effectivement autorisés sur certaines plages, mais TOUJOURS AVEC une laisse. Et lorsqu'on me dit "Oh ne vous inquiétez pas, il ne me mord pas", je réponds "Un chien est un animal. Je m'en contrefiche que vous me disiez qu'il ne mord pas, il n'a jamais mordu personne jusqu'au jour où il le fera".

Il existe des lois en France et celles-ci doivent être respectées:

Loi N° 83 629 du 12 juillet 1983

Dans les lieux publics, ou ouverts au public, les chiens doivent être tenus en laisse.

Je vous conseille également de regarder la vidéo ci-dessous de Rémi Gaillard qui a passé 87 h en cage dans la SPA de Villeneuve-les-Maguelones, où j'ai fait du bénévolat et où deux chiens ont fini par m'attaquer. Je venais de tomber enceinte, et j'ai décidé d'arrêter, car j'étais dégoûtée des conditions de vie de ces pauvres bêtes et dégoûtée des personnes qui vendent des animaux issus d'élevages consanguins ou des personnes qui ne respectent ni leur animal, ni leur environnement et j'ai eu la peur de ma vie, dont celle de perdre les deux bébés que j'attendais. Je suis pour une taxe canine, pour qu'on en finisse avec les merdes partout dans les rues, et je dis stop à l'aliénation des animaux. 


Rémi Gaillard s'insurge également contre les corridas et je suis choquée qu'on le traite de plagier un humoriste anglais et de l'accuser de scandale avec la SPA pour laquelle il avait récolté lesdits fonds, mais qu'il a refusé de leur donner, car la SPA ne voulait pas les utiliser pour améliorer les conditions de vie des animaux comme prévu et ne voulait pas lui donner le droit de regard sur les améliorations prévues avec cet argent qu'il avait récolté pour eux. On l'a même accusé d'avoir gardé l'argent pour lui alors qu'il s'engage chaque année pour de nombreuses causes, dont le Téléthon (vous allez dire que là aussi c'est pour empocher de l'argent ?)
Alors, foutons la paix aux animaux, et foutons la paix à Rémi Gaillard. Les animaux ne nous mettent pas en cage et on aime ou on n'aime pas l'humour décalé de cette humoriste, mais si on n'est pas content, on passe à autre chose. Je connais peu de personnes qui auraient passé 87 h dans une cage qui pue la merde et où les animaux se mettent à hurler dès 6 h du matin. Dans la vidéo à un moment il craque, et il se met à pleurer, et croyez-moi, ce ne sont pas des larmes de crocodile.
Et il a raison: les chiens sont fidèles, eux, contrairement à leurs propriétaires qui les abandonnent lorsqu'ils se rendent compte qu'ils ne sont pas capables de s'en occuper.

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Pour finir, je laisse la parole à Benabar, les paroles de cette chanson sont éloquentes.


Benabar - Le zoo de Vincennes

Le rhinocéros du zoo de Vincennes
Sa peau est une écorce qui craquelle, il traîne
Licorne monstrueuse aux paupières de terre glaise
Mastodonte de peine sans espoir de remise
Vieillard, un enclos de béton vieux
Vieille gloire, un hospice de banlieue
À l'étroit piégé dans le zoo de Vincennes
Une baleine noyée dans les eaux de la Seine

Quel chagrin, quel triste monde
Où la savane se fane à l'ombre
De la fausse montagne du zoo de Vincennes
Dans ce minable safari domestique
Où même le roi de la jungle abdique
Loin de la savane et des vastes plaines
Le lion est un vieux beau à bedaine

Crinière en calvitie, derrière son grillage
Il ne tourne même plus comme un lion en cage
À quoi bon encore jouer les bêtes féroces
Quand on ne fait même plus peur aux gosses... (et il a même ajouté dans un concert au Rockstore "C'est plutôt les gosses qui leur font peur")

Quel chagrin, quel triste monde
Où la savane se fane à l'ombre
De la fausse montagne du zoo de Vincennes

Sous la volière des rapaces résignés
Regardent en l'air sans plus rien espérer
À côté les simagrées des singes sans gêne
Et un petit train que les enfants dédaignent
Un couple d'éléphants piétine d'ennui
Aux défenses d'ivoire inutiles et ternies
Pour essayer d'atténuer la déprime qui les gagne
Faudrait un Lexomil gros comme un pain de campagne

Quel chagrin, quel triste monde
Où la savane se fane à l'ombre
De la fausse montagne du zoo de Vincennes

Est-ce que chez eux, les enfants d'Afrique
Vont visiter des parcs zoologiques
Pour voir enfermer des bêtes qui viennent de loin
Des chats, des pigeons, des horodateurs ou des chiens
Le zoo de Vincennes
Arche de Noé de banlieue parisienne
Curieuse ménagerie triste et funèbre
Où les animaux s'emmerdent...

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Saturday, 14 September 2019

Les noisettes

NOËL AU MOIS D’AOÛT


« Est-ce l’amour ? Étrange amour,
Est-ce la douceur de tes caresses mon cœur… »
Téléphone – « Dure limite »

Cette route de campagne me fait l’effet d’une bouffée d’oxygène, j’avance par paliers de décompression. J’ai les yeux écarquillés sur la nature, et mon regard s’aventure souvent au-delà de la nationale pour aller se perdre sur les champs pelés par l’hiver, les maisons de pierres et un ciel bleu qui semble avoir été balayé par une brindille de blé laissant des traces fines de nuages.
Je monte lentement la rue des Cigales et me gare sous le mûrier, comme à mon habitude. Mouchette ne m’a certainement pas entendue arriver. Sa surdité semble avoir empiré ces derniers mois et je constate parfois son isolement lors des repas de famille quand elle ne comprend plus de quoi nous parlons, elle qui a toujours aimé se mêler de tout. Elle fait comme si de rien n’était et elle me sourit, toujours digne.

J’ouvre la porte en bois sur laquelle a attaché un chardon et je passe les doigts entre les perles de bois du rideau qui la protège des mouches l’été. Elle est là, assoupie sur son fauteuil à côté de la fenêtre, bercée par le tic-tac de la pendule en bois et en étain. D’habitude, elle se lève tôt pour se « mettre en cuisine », comme elle aime dire et me préparer le menu que je lui aurai commandé au téléphone. Elle me gâte comme lorsque j’étais petite et je finis toujours par lui demander un gratin de pâte qu’elle me refuse, me disant que c’est trop simple, qu’elle a du poisson dans son congélateur, mais elle finit par céder.

Aujourd’hui, elle a dû se faire aider par ma tante, car elle a le bras en écharpe, elle s’est fracturé l’épaule après un malaise en Guadeloupe chez mon oncle. Elle n’a dit à personne qu’elle s’était fait mal par peur de se faire rapatrier avant la fin de son séjour, déjà humiliée par le fauteuil roulant qui l’attendait à Orly et qu’elle a snobé en disant que c’est pour les vieux, car elle, elle n’est pas vieille. À quatre-vingts ans, elle se considère toujours comme une jeune fille et arbore une mise en plis impeccable, un blond vénitien sur son petit visage de pomme reinette.

— Ah te voilà ma choupette, je t’attendais ! me dit-elle de sa voix éraillée.
Le couvert est mis depuis longtemps déjà sur la petite nappe qu’elle a pliée sur la moitié de la table, car nous ne sommes que toutes les deux. Elle me serre avec le seul bras qu’elle a de libre, ne pouvant pas cette fois m’étouffer comme elle le fait toujours, comme si elle n’allait plus jamais me revoir, comme si nous nous étions perdues de vue. Son corset en plastique la fait ressembler à une tortue et elle se dandine gaiement, revigorée par ma présence, elle a perdu trente ans en une seconde.

Nous nous asseyons pour manger et elle commence sa litanie sur les cousins, voisins ou amis dont elle m’explique inlassablement les vies, me répétant cent fois les mêmes anecdotes, me demandant des nouvelles de mon frère, de ma mère, de ma nièce. Elle a pris l’habitude de noter les visites qu’elle reçoit tous les jours et tient une compatibilité très précise, histoire de relire son carnet quand elle est seule et se rappeler avec bonheur les moments passés avec ceux qu’elle aime, ou pour leur reprocher leur absence.

— Je n’ai pas vu ton frère depuis CENT-CIN-QUAN-TE JOURS. Tu te rends compte ? Il ne répond ni sur son fixe, ni sur le portable, il a dû lui arriver quelque chose, ce n’est pas possible. J’ai été O-BLI-GÉE de lui écrire directement à la Mairie où il travaille, pour qu’il daigne ENFIN me répondre !
— Mais non Mouchette, tu sais bien qu’il n’a pas le temps…

Elle s’emporte, ne comprend pas que ses proches n’aient pas le temps de venir la voir, même si au fond d’elle, elle sait qu’ils sont parfois bien trop occupés pour lui rendre visite, elle a peur qu’ils l’oublient. Et la voilà qui pique furieusement dans son assiette, envoyant des miettes dans un rayon d’un mètre autour d’elle, laissant goutter un mince filet de vinaigrette sur son menton que je lui tamponne comme si de rien n’était. Son pull est parsemé de taches en tout genre, mais je fais comme si je n’avais pas vu, par pudeur.

Je mets la cafetière en route pendant que je me fais chauffer un peu d’eau au micro-ondes pour une Ricoré, quand le fantôme de mon grand-père apparaît dans la cuisine. Cela faisait longtemps qu’il n’était pas venu me voir. Il est resté le même, avec son gros ventre qui le fait ressembler à une grenouille, ses cheveux gris gominés peignés en arrière, ses yeux bleus pailletés d’or.

— Elle entend un peu moins bien ces derniers temps, non ? Lui dis-je.
— Ah tu sais, ça dépend, elle a une surdité sélective, et elle n’est pas sourde pour tout. Essaye le mot « chocolat ».

Mouchette fait irruption dans la cuisine et me demande d’un air suspicieux :
— Mais qu’est-ce que tu complotes derrière mon dos, je t’ai entendue parler ?
— Oh rien de bien grave Mouchette, lui dis-je. Va t’asseoir, je t’emmène ton café.

Nous nous installons au soleil dans le salon et elle se remet à sa logorrhée.
— Ton grand-père était un saint ma chérie, ce n’est pas comme les hommes d’aujourd’hui, jamais il ne serait parti, lui !
— Ce n’était pourtant pas l’envie qui m’en a manqué, je te le dis moi ! Déclare-t-il, du fin fond de la salle de bain, où il était en train de se repeigner méthodiquement, en se regardant dans le miroir.
J’éclate de rire et elle me regarde d’un air outré.
— Mais qu’est-ce qui te fait rire ? Tu ne me crois pas ?
— Non je me disais que les hommes de nos jours ont bien changé, lui dis en lui tapotant la main. Mais tu as raison, ce n’est pas drôle.

Elle me prend la main et me la serre très fort. Son alliance brille et je regarde les petites taches brunes qui constellent ses mains, ses ongles qu’elle a rongés en scrutant l’écran de télévision, s’émerveillant d’un documentaire sur une lointaine contrée ou hurlant face à un match de rugby et tapant du pied de rage pour un but raté.

— Ce corset me serre trop, ma petite, me dit-elle. Il me rentre dans les côtés.
Elle descend son pantalon en velours noir et j’aperçois un torchon à carreaux boudiné et coincé entre le plastique mauve de sa carapace et sa peau. Elle se lève d’un coup pour aller faire pipi et m’appelle quand elle a terminé, me fait un grand sourire en sortant, le pantalon sur les genoux.
— Tu veux bien m’aider à remettre ma culotte, seule, je n’y arrive pas.
— Mais oui ma Tortue Lily, tu n’as pas mis ton string aujourd’hui ?
— Oh arrête de te moquer de ta vieille grand-mère ! Tu me vois un peu avec une ficelle entre les fesses ? Je ne sais pas comment vous faites pour supporter ça !

Je lui remonte doucement son immense culotte blanche sur les fesses, puis son pantalon, reproduisant sur elle un geste qu’elle a tant de fois répété sur moi quand j’étais une petite fille.
— Tu veux bien me passer un peu de poudre sous le bras, j’ai des démangeaisons terribles avec cette chose.

Je dégrafe doucement son atèle, lui ôte son haut, me verse un peu de talc dans la main et lui passe sous le bras en la tapotant. Elle a la peau douce d’un bébé malgré son âge, sa poitrine ronde et tombante semble encore l’endroit le plus doux que j’ai jamais connu pour m’endormir enfant. Les cicatrices sur le côté sont les vestiges d’une de ses nombreuses opérations.

— Elle a les agrafes de ses cicatrices qui ont lâché tu sais, ils tombent un peu du côté droit, me dit Papy. Si tu avais vu la poitrine qu’elle avait dans sa jeunesse, une vraie beauté ! Mais en vieillissant, ils étaient devenus trop gros alors elle a décidé de les faire diminuer un peu. Note que je n’étais pas d’accord.
Je souris en lui passant la main dans son dos, lui masse le cou doucement, émerveillée par sa douceur. Elle me fait penser à un fruit encore tendre, parfumé.

— J’aurais une dernière chose à te demander ma chérie, est-ce que tu pourrais me laver les cheveux?
Je l’entraîne dans la salle de bain et elle se penche au-dessus du lavabo alors que je teste la température de l’eau.
— Tu sais que lorsque tu étais petite je te lavais parfois dans l'évier de la cuisine, c’était plus facile, me dit-elle.

Je regrette intérieurement de ne pas me souvenir de tous ces moments de ma petite enfance qu’elle a soigneusement gardés pour elle, au fin fond de sa mémoire, dont j'ai oublié certains.
Je lui masse doucement le cuir chevelu et fais mousser le shampoing, puis je rince lentement en mettant un peu d’eau dans ma main et en la versant sur le sommet de sa tête, en prenant garde de ne pas lui en mettre dans les yeux.
— Tu as une serviette ?
— Oui, elle doit être quelque part sous les draps dans mon lit, je m’étais couchée la tête mouillée l’autre fois.

Je rentre dans sa chambre, les volets sont fermés et je commence à fouiller sous la couette quand ma main passe sur quelque chose d’étrange. Je soulève le coussin et trouve une poignée de noisettes, soigneusement cachées. Je m’empare de la serviette, qui traînait sous les draps et reviens dans la salle de bain, les noisettes à la main.

— J’ai trouvé des noisettes dans ton lit, tu te prends pour un écureuil maintenant ?
Mouchette me regarde d’un air coquin, comme un enfant que l’on a surpris en train de vider un pot de confiture dans la cuisine. Puis son visage change d’expression.
— Mais qu’est-ce que tu fouilles dans ma chambre aussi hein ?

Elle sort de la salle de bain, hirsute, avec un air de cantatrice outrée sur le visage. Je la rejoins au salon et lui passe le peigne dans les cheveux, caressant ses joues, riant intérieurement de voir son nez se rapprocher de plus en plus de son menton. Je ne cherche plus à savoir où est passé le fantôme de mon grand-père. Il apparaît et disparaît sans prévenir, il est toujours resté discret, comme avant, dans l’ombre de ma grand-mère, bienveillant.

Parfois, quand je dors chez elle, il vient me chatouiller les pieds avant que je m’endorme, comme quand j’étais petite. La première fois, j’ai hurlé et il s’est évanoui dans les airs tout de suite quand Mouchette a fait irruption dans la chambre. Je lui ai fait croire à un cauchemar croyant avoir halluciné, alors elle est allée me faire chauffer du lait pour me calmer comme lorsque j'étais petite, et elle m’a bercée en me grattant le dos. Depuis, je me suis habituée à sa présence, il vient sans prévenir, on se rappelle mes premiers mètres à vélo quand il tenait la selle et que je louchais par terre, alors que Mouchette attendait les bras ouverts vers moi au bout du chemin et hurlait « MAIS REGARDE DEVANT TOI NOM D’UN CHIEN ! ».

Je me rappelle sa main sous mon ventre quand il m’apprenait à nager, les marmottes dans les Alpes quand lui et moi nous étions perdus dans la montagne, et toutes les fois où il me faisait croire que nous étions égarés en voiture. Dès que nous arrivions à Alès et que le terril apparaissait à l’horizon, nous criions tous les trois en cœur :
— Le Crassier, on est sauvés !
— Ah tu sais, moi je n’étais pas aussi jolie que toi quand j’étais jeune, mais j’ai eu la chance de croiser ton grand-père sur mon chemin. Et le jour où ta mère a débarqué chez moi avec ton frère la jambe dans le plâtre et toi dans le couffin, j’ai toujours su que c’était Dieu qui nous a fait nous rencontrer. Papy et moi nous sommes penchés pour te regarder et ça en a été fini de moi, je suis devenue complètement gaga. Je ne sais pas pourquoi, on n’est pas du même sang, mais je vous aime plus que les miens. Plus de trente ans que ça dure et ça ne me passe pas.

— Mouchette, il va falloir que j’y aille, j’ai encore de la route, tu m’accompagnes à la voiture ?
Elle enfile son manteau et fouille dans toute la maison afin de trouver quelque chose à me donner, une serviette éponge, un Tupperware rempli de soupe, ou une babiole gagnée dans l’un des nombreux catalogues dans lesquels elle dilapide sa retraite.

Elle essaie de gagner du temps avant mon départ. Parfois elle se met à pleurer des larmes de crocodile, elle me fait un peu de cinéma pour que je reste, mais c’est toujours par espièglerie, jamais par tristesse. La dernière fois elle m’a fait aller chez le voisin pour lui demander de lui faire réparer son volet. J’ai compris en frappant à sa porte qu’elle voulait me marier avec lui, car seule à trente ans passés, elle pense que je vais finir vieille fille si elle ne prend pas les choses en main. Elle a déjà confectionné une partie de mon trousseau : un carton de trente-six verres, des torchons, une bouilloire, et des pulls en laine, pour passer des hivers rigoureux. J’ai vu son nez dépasser de la fenêtre, elle nous observait de loin d’un air satisfait.

Arrivées devant ma voiture, elle me serre contre elle de toutes ses forces, ignorant le plastique dur de son corset entre nous.
— Tu fais sonner ton téléphone deux coups quand tu arrives, on ne sait jamais ce qu’il peut t’arriver.
— Mais oui Mouchette, ne t’inquiète pas.
Je mets la clé dans le contact quand j’entends quelqu’un taper à la vitre de la voiture. C’est Papy.
Il a ses yeux rieurs et plissés :
— Tu veux savoir d’où venaient les noisettes? Le soir elle mange du chocolat dans son lit, mais comme elle quitte son dentier pour dormir, elle n’arrive pas à les mâcher, alors elle les met de côté et elle les oublie. Allez ma nénette, rentre bien, et ne t’inquiète pas, je la surveille, qu’elle n’aille pas encore se casser la figure.
Lorsque je tourne au coin de la rue, je m’arrête un instant et me retourne. Il est encore là, sous le mûrier, et me fait un signe de la main avant de retourner dans la maison.